Communiqué de presse

Trois-Rivières, le 31 juillet 2012
La Coalition Proprio-Béton blâme la Garantie des maisons neuves de l’APCHQ et interpelle le gouvernement fédéral dans le dossier de la pyrrhotite en Mauricie

Blâme à l’endroit de la GMN de l’ APCHQ

La Coalition Proprio-Béton adresse un blâme à la GMN de l’APCHQ dans la gestion des dossiers des deux personnes âgées victimes de la pyrrhotite. Depuis le début de cette crise, les bénéficiaires de ce plan de garantie ont été grandement déçu par la façon dont est administré leur dossier, que ce soit à l’égard du non respect des engagements donnés ou encore du fait qu’elles se sentent traitées comme des locataires de leur résidence.

Dans sa décision, l’arbitre retient les arguments soulevés par l’avocat des bénéficiaires, Me Pierre Soucy, au fait qu’il est interdit à l’administrateur d’un plan de garantie de donner moins aux bénéficiaires que ce qui est prévu au Règlement. Cette décision confirme la position défendue par la Coalition dans ce litige.

Les victimes n’auraient jamais cru cependant que les décideurs de la GMN en viennent à traiter d’une façon aussi cavalière deux personnes âgées qui se sont vu aviser par un représentant de la GMN juste avant les vacances de la construction de la nécessité de faire leurs boîtes et de trouver par leur propre moyen et à leurs propres frais un endroit pour se loger durant toute la période de réparation de la dalle de béton, leurs unités de condominium devant être entièrement démolis sous peu.

«Nous nous serions attendus à un peu plus de compassion, de souplesse et de soutien dans la gestion de ces dossiers par les administrateurs de la GMN, les victimes en cause étant très vulnérables considérant leur âge et totalement dépourvues en pareille situation. Il y a quelqu’un en autorité à la GMN de l’APCHQ qui a manqué de jugement dans le traitement de ces dossiers et cela nécessite des excuses auprès des 2 personnes concernées qui ont vécu un stress énorme» souligne le porte-parole des victimes, M. Yvon Boivin.

C’est un appel à l’aide et de détresse adressé au porte-parole de la Coalition Proprio-Béton qui a initié cette opération d’entraide communautaire. L’implication active et rapide de M. Jacques Rheault de l’organisme SOS pyrrhotite aura permis à ces deux dames âgées de se trouver en peu de temps un endroit paisible pour se reloger durant ces travaux qui pourraient durer plus de 3 mois. «Nous remercions les médias ainsi que toutes les personnes qui ont offert de venir en aide à ces deux dames et nous saluons particulièrement la générosité des Jardins Laviolette qui acceptent d’héberger gratuitement ces deux victimes» précise M. Jacques Rheault, fondateur de SOS Pyrrhotite.

Informée de la situation par la Coalition, la Régie du bâtiment du Québec est immédiatement intervenue auprès de la GMN de l’APCHQ obtenant d’un représentant du plan de garantie un écrit à l’effet que l’approche entourant la réparation des quadruplex serait revue.

«Cet exemple démontre le bienfondé de la réforme en cours à l’égard de la gouvernance des plans de garantie. La Coalition Proprio-Béton entend d’ailleurs s’impliquer activement dans cette démarche axée sur la protection du consommateur» ajoute le porte-parole des victimes de la pyrrhotite.

Obligation du fédéral d’intervenir dans la crise de la pyrrhotite

De plus, la Coalition Proprio-Béton entend intensifier au cours des prochains mois ses démarches visant à obtenir une aide de 20 M $ du fédéral en indemnisation ainsi qu’un prêt sans intérêt. «Le gouvernement du Canada doit admettre et assumer sa part de responsabilité dans ce désastre qui touche au-delà de 1000 familles de la Mauricie» précise le représentant des victimes, M. Boivin.

Malgré la découverte d’une quarantaine de résidences affectées par la pyrrhotite il y a 12 ans en Mauricie, les organismes fédéraux de normalisation n’ont pas jugé opportun de modifier la norme canadienne sur la qualité du béton (A-23.1) afin d’en préciser et clarifier la portée. Cette inaction du fédéral a fait en sorte que nous nous retrouvons aujourd’hui avec un désastre d’une ampleur sans précédent.

«Le gouvernement fédéral de l’époque a fermé les yeux sur un désastre annoncé et il refuse aujourd’hui de supporter ceux et celles qui ont perdu la quiétude de leur milieu de vie à cause d’un tel laxisme. Il a laissé les portes grandes ouvertes à l’industrie du béton et de la construction pour nous livrer des matériaux infestés de pyrrhotite alors qu’il avait en main la clé pour éviter la répétition d’un tel drame humain et financier en modifiant tout simplement la norme sur le béton afin de la rendre aussi précise que celle en Europe» ajoute M. Boivin.

De plus, considérant l’implication indirecte de la SCHL qui assure l’hypothèque de plusieurs résidences touchées par ce vice, il est complètement faut de prétendre, comme le soutien certains ministres du gouvernement Harper, que ce dossier relève d’une stricte responsabilité provinciale. En effet, la SCHL est un organisme qui relève du gouvernement fédéral. Sans l’aide d’Ottawa, plusieurs familles affectées pourraient ne pas avoir la capacité financière et psychologique de faire face à la musique en attente des recours civils qui sont engagés et dont l’issu et la durée sont imprévisibles. La SCHL pourrait alors se retrouver avec un inventaire de plusieurs résidences aux prises avec la pyrrhotite qui ne valent plus rien, dans l’éventualité où les victimes concernées remettaient leur clé à leurs institutions bancaires.

Qui plus est, le gouvernement du Canada, par le biais de la SCHL, s’est impliqué dans un programme d’aide fédéral-provincial destiné aux victimes de la pyrite de la grande région de Montréal. Or la pyrite et la pyrrhotite sont deux agrégats de même nature, le premier ayant affecté les dalles de béton des sous-sols, l’autre faisant fissurer les fondations. Comment le gouvernement canadien peut-il ainsi justifier son refus d’aider 1000 familles de la Mauricie alors qu’il est venu en aide à autant de canadiennes et canadiens dans une autre région de la même province pour un vice de construction pourtant beaucoup moins désastreux. Est-ce que le gouvernement de M. Harper veut ainsi créer deux classes de citoyens canadiens, ceux qui demeurent en Mauricie et les autres ? Nous savons que le défunt programme de la pyrite a dégagé un surplus de 13 M$ que nous demandons tout simplement de réinvestir dans un programme destiné cette fois aux victimes de la pyrrhotite.

Finalement, la seule crise de pyrrhotite de la Mauricie permettra au gouvernement du Canada d’enrichir ses coffres d’au-delà de 10 M$ sur le dos des victimes par le biais de la TPS prélevée sur le coût des travaux estimés globalement à plus de 230 M$. «Nous demandons au gouvernement du Canada de retourner ces montants de taxes perçus dans un programme d’aide destiné aux victimes de la pyrrhotite» précise M. Boivin.

La Coalition Proprio-Béton est déterminée plus que jamais à talonner le gouvernement canadien afin qu’il alloue dans les plus brefs l’aide demandée qui se fait de plus en plus urgente «Nous sommes disponibles en tout temps pour rencontrer les instances gouvernementales fédérales appropriées» conclut le porte-parole de la Coalition.

Yvon Boivin, mba

Porte-parole de la Coalition Proprio-Béton